Bridget Doudot-Green aime ce qu’elle fait, et ça se voit.

Dans son atelier, au rez-de-chaussée du centre culturel des Ateliers de la Côte, on le comprend dès que l’on y met un pied. Sur les étagères autour de la place centrale, où trône un imposant plan de travail, des créations en cours de réalisation sont alignées, en plein séchage, en attente du travail de finition, tels de petits fantômes bien sages. Divers outils dont certains paraissent sortis de l’atelier du vitrier confèrent au décor une bonne odeur de travail. Les créations de Bridget, dans des tons de bleu et de vert qu’elle aime tant travailler, sont fièrement exposées derrière les vitrines de l’atelier-boutique, surmontées d’affiches de marchés de potiers et de créateurs, auxquels elle participe activement. 


Ce qui lui plait tant dans la discipline de la céramique, c’est premièrement le fait de devoir travailler avec une image mentale, de devoir s’imaginer le produit fini, au moment où on le crée. Comme elle l’explique avec passion, il s’agit d’un processus qui ne se révèle qu’après la cuisson finale : les matières premières ne donnent leurs couleurs, leurs dégradés uniquement qu’après des trempages successifs et une cuisson finale. Elle travaille donc à l’aveugle, uniquement d’après l’idée apparue dans les méandres fertiles de son imagination.


Elle dit bien volontiers qu’elle crée des couleurs et des contrastes semblables à ceux posés sur la toile par les peintres, mais avec des formules ressemblant à celles des chimistes. Afin d’obtenir les beaux dégradés de couleurs emblématiques de sa marque, il y a un long processus de préparation en amont. Tout d’abord, la recherche des matières premières puis les dosages précis de pigments, de terre et autres petits secrets d’artiste.

Tel un chef d’orchestre donnant le ton à ses musiciens, Bridget manie avec dextérité tous les ingrédients de son savoir-faire et sublime la terre par la couleur et la forme afin d’enchanter la table et la maison tout entière. www.bridget.ch