L'histoire de Katia W.Cantin, calligraphe au Ateliers de la Côte

L’art de déjouer les obstacles pour atteindre son but

 

LA CONTRAINTE D’UNE ÉPOQUE

 

Il y a encore 40 ans, pour une jeune fille, le choix de sa vie professionnelle était souvent très influencé par les parents. Pas question, par exemple, d’entrer dans une école d’art. Pourtant, pour Katia W. Cantin, il n’y avait aucun doute, elle serait artiste.

 

UNE PERSONNALITÉ CONCILILANTE MAIS TENACE

 

Alors que la jeune Katia poursuit ses études de commerce dans le but d’accéder plus tard à une haute école, elle a la chance d’être entourée d’étudiants qui, tout comme elle, possèdent de véritables talents artistiques. Même les professeurs de cette classe sont passionnés d’histoire de l’art et c’est une période de pur bonheur pour la jeune élève. Au terme de cette année, Katia est convaincue de son choix de devenir artiste. C’est un peu l’ironie du sort qui va l’orienter vers la calligraphie.

 

UN MAL POUR UN BIEN

 

Lorsqu’elle se raconte aujourd’hui, avec le recule du temps, elle reconnaît que les punitions subies dans sa jeunesse, où on lui demandait de copier 500 fois telle ou telle phrase avec application et rigueur, sans faiblir dans l’alignement des mots, lui ont permis d’acquérir une immense maîtrise dans l’art de dessiner les mots, ainsi qu’une grande endurance à l’effort.

 

UN BESOIN D’INDÉPENDANCE

 

Au moment de prendre son envol, la jeune adulte entre en apprentissage à la poste. Elle y deviendra télexiste, ce qui lui permet de suivre une formation artistique au collège du soir. Au travers d’une vidéo sur l’anglais Donald Jackson, calligraphe attitré de la reine, Katia découvre cet art avec émotion et une folle envie d’en apprendre les ficelles. En parcourant le livre de Donald Jackson, elle se rend compte que les mots ont aussi une portée graphique et artistique.

 

DEPART POUR L’ANGLETERRE

 

Avec 3 mots d’anglais et un dictionnaire en poche, Katia part faire un stage d’été de calligraphie à Londres. Pendant ce workshop, elle fait la connaissance du directeur d’une école d’art, « The Roehampton Institut » où la calligraphie est une discipline à part entière. En septembre 1987, elle décide de tenter sa chance et adresse à l’école d’art une lettre de motivation qui lui ouvre les portes de l’école.

Pendant les cours, ses faibles connaissances d’anglais à ce moment-là, l’obligent à tout noter en phonétique, puis à tout traduire le soir, dans le but de comprendre les exercices. A force de travail et grâce à son endurance et à sa ténacité, Katia rattrape le niveau de la classe sans devoir faire d’examen intermédiaire.

 

UNE PAUSE POUR SE CONSACRER À SA VIE PRIVÉE

 

A la naissance de son fils, Katia met son activité artistique de côté, mais continue de s’entraîner afin d’entretenir son savoir-faire.

 

LE MOMENT DE LANCER SON ACTIVITÉ

 

Le rêve de Katia est d’ouvrir son atelier pour y donner des cours, y recevoir des passionnés et permettre au public de découvrir les sensations et les bienfaits de l’écriture calligraphiée. Pour cela, la Fondation Fondetec l’aide à monter un dossier qu’elle présentera à Genilem, cet organisme privé composé de chefs d’entreprise qui prodiguent des conseils avisés aux jeunes entrepreneurs. Encouragée à développer son art et son projet par Genilem, elle ne pourra bénéficier du soutien de cette dernière, car elle envisage de s’installer aux Ateliers de la Côte, en dehors du territoire genevois.

Katia poursuit son activité auprès de cabinets d’avocats, notaires, écoles et privés qui lui commandent des textes calligraphiés chez elle à Genève. Parallèlement, elle habite son atelier d’Etoy baptisé Scriptorium d’Etoy, quelques jours par semaine, surtout le mercredi, où elle espère recevoir des visiteurs curieux et des élèves motivés par l’approche de la calligraphie.

 

UN ENTRETIEN PLEIN DE SURPRISES

 

A l’issue de notre entretien avec Katia W. Cantin, nous apprenons qu’elle est également diplômée en design et graphisme, qu’elle est romancière puisqu’elle a publié 2 romans et 1 thriller à compte d’auteur et qu’elle envisage de commettre un recueil d’images illustrant des vues de pontons à travers le monde, photos prises par l’artiste elle-même à l’occasion de ses voyages.

Nous découvrons qu’en plus de ses nombreux talents, l’artiste est également musicienne. Après la pratique de la flûte traversière et du piano, elle s’est mise à la Kora, sorte de harpe africaine, dont elle joue à merveille. Son instrument est d’ailleurs installé dans son Scriptorium d’Etoy.

 

DÉDICACE

 

A l’occasion de la Journée portes ouvertes le 28 septembre prochain et de la célèbre émission de radio du Kiosque à Musiques, Katia W. Cantin, dédicacera son dernier livre ! Une dédicace calligraphiée ? Soyez curieux et venez faire la connaissance de cette artiste au grand cœur.