Mémé Aurait Aimé

Caroline Wacker, alias Mémé Aurait Aimé, une illustratrice au style fin et chatoyant

Une seule enjambée et nous voilà entrés dans un univers charmant et particulièrement parfait. Cet univers appartient à l’illustratrice autodidacte répondant au nom de Mémé Aurait Aimé. Elle y regroupe toutes ses oeuvres, ses dessins et son mobilier datant d’autrefois: anciennes tasses en porcelaine, secrétaire en bois marqué par les années, théières en fonte et fauteuils ridés, c’est ainsi qu’elle a créé son monde débordant de charme, en rendant majestueusement bien hommage à sa grand-maman, qu’elle appréciait énormément.

Le goût des bonnes choses

C’est tout ouïe qu’on écoute l’histoire de Caroline. Barmaid pendant des années dans le monde de la restauration, elle prend goût pour les bonnes choses, la subtilité, la perfection mais aussi la simplicité. Ces quatre atouts se ressentent terriblement bien dans son atelier, son petit cocon qu’elle assimile parfois à un lieu thérapeutique. Ils se ressentent aussi dans ses illustrations authentiques, raffinées et originales.

Mémé aurait-elle aimé?

Le nom choisi pour représenter ses créations est lié à la relation fusionnelle qu’elle entretenait avec sa grand-maman. Caroline a su conserver sa soif de vivre et s’est servie de son esprit attentif et curieux en pensant souvent à ce que Mémé Aurait Aimé si elle avait été là, à ce moment, avec Caroline. Un nom unique évoquant une belle histoire entre une grand-maman et sa petite fille.

Un parcours, des rebondissements

De barmaid à illustratrice en passant par blogueuse et community manager, la vie de Caroline ne se résume pas en un parcours simple et déjà écrit. Avec quatre emplois différents dans un même laps de temps, elle a gagné en expérience, fait des rencontres, elle s’est adaptée au milieu professionnel et a donc été éduquée par la vie et ses difficultés. A 21 ans déjà, elle devient gérante d’un bar, une opportunité pour elle à ne pas manquer. Mais à la suite d’un burnout, il lui fallait une grande bouffée d’oxygène et de liberté, une bulle créative où elle pouvait se lâcher, s’exprimer sans jugement et se sentir elle-même. Le déclic est arrivé à ce moment précis. Tous les pourboirs gagnés, qu’elle gardait précieusement de côté comme si elle attendait ce moment depuis toujours, ont contribué à la location de son atelier – son Cosmos envoûtant. “Il faut juste faire ce mini pas, ce “just a leap of faith”, un acte de croire en quelque chose qui n’est pas facile à croire, et généralement, la vie, elle te le rend bien”, raconte Caroline avec un air gracieux. Elle aurait pu rester dans la peur, mais elle a choisi de faire face aux difficultés et de travailler dur pour combler ses désirs.

Le commencement

Tout a commencé dès l’ouverture de son blog qui met en avant la pléthore d’activités en Suisse Romande. Aux travers de ses différents articles, essentiellement des textes sans dessin, elle montre et prouve aux habitants de la région que l’offre culturelle du territoire romand est considérablement généreuse. C’est avant tout grâce à ce site inspirant que sa réputation digitale prend forme. Elle la renforce ensuite par le biais des réseaux sociaux comme Instagram, Pinterest et Facebook. Seulement quelques semaines ont suffit pour susciter l’attention des internautes et de la branche culturelle.

Attention à ne pas mélanger professionnel et personnel. Quand je suis aux Ateliers de la Côte, je suis Mémé. Quand je suis à la maison, je suis Caro”, indique-t-elle. S’il n’y avait pas de dessin au départ, c’est parce qu’elle n’a jamais aimé les résultats et a décidé de mettre en sourdine le côté créatif de son âme pendant des années. Le début encourageant de son blog  lui a permis de libérer cette âme créative jusqu’au bout de ses doigts.

Des cours d’art transmis depuis Londres et suivis par internet

Là-bas, si tu as fait une erreur, tu dois expliquer pour quelle raison tu as fait faux et quel changement tu feras la prochaine fois pour améliorer le résultat”. Sans cette école, elle n’aurait probablement pas ouvert le portail aux illustrations. Aujourd’hui, elle n’hésite pas à se mettre en avant car elle a confiance dans sa créativité.

Un aménagement, un changement de perception

Dès son arrivée aux Ateliers de la Côte, un changement radical dans la perception des gens a surpris Caroline. A partir du moment où elle s’est installée dans son atelier, on ne lui demandait plus sur quel banc de l’école elle était passée. C’est à partir de ce moment-là que sa vie s’est transformée. Tout de suite, elle a été perçue différemment, elle a obtenu une certaine crédibilité et une plus grande notoriété. Après avoir changé son atelier au moins une dizaine de fois, elle a enfin trouvé la bonne combinaison pour se sentir comme chez elle, dans un endroit qui lui appartient, dans un univers où elle se sent bien entourée de ses trésors familiaux. Entrer dans son atelier, c’est comme entrer dans son âme.

Reflet d’une personnalité joviale et sensible

Les dessins de Mémé Aurait Aimé sont le reflet de sa personnalité. C’est de là que ressortent son amour pour la couleur, la perfection et la délicatesse. Elle n’a même pas eu le temps de démarcher, les clients sont venus d’eux-mêmes, intéressés par l’art subtil de l’illustratrice. Mémé Aurait Aimé s’adonne plus particulièrement aux illustrations liées à l’art de la table, généralement pour des professionnels avec par exemple la création de logos, d’étiquettes de vin et de sets de table. Elle se consacre aussi au grand royaume animal et végétal ainsi qu’aux portraits, ici, plutôt pour des privés avec des ouvrages de poésie, des affiches ou des illustrations pour des mariages. Singulière et créative, elle a le pouvoir de rendre un travail authentique en parfait alignement avec les désirs et besoins des clients.

Dessin numérique

Sans compter Oreo et Muffin, ses deux inséparables chiens boudinés, Mémé Aurait Aimé a un autre meilleur ami dont elle ne se sépare jamais: son nom, moins fantaisiste, est Adobe Illustrator. Ce logiciel de création graphique vectorielle, apprivoisé en autodidacte, lui permet de réaliser ses oeuvres. A l’aide de sa précieuse tablette graphique et d’un apprentissage long et délicat, elle peut désormais se différencier de part son originalité et son esprit saillant. Elle n’utilise selon elle que dix pour cent des fonctionnalités disponibles du programme et cela lui donne davantage la soif d’apprendre. Son autre ami Google, tout aussi proche qu’Adobe Illustrator, lui permet de répondre à ses questionnements et ses

 

interrogations. “Tu vois la galaxie accrochée au mur ? Sur un tutoriel YouTube il faut 12 minutes pour la créer, ça m’a pris en réalité 2h30. Tu imagines ?” s’exclame Mémé en riant.

Un style d’illustration unique

Mon âme se réduit à un raisin sec quand je dois faire du dessin d’observation. C’est pas mon truc ça”, révèle-t-elle d’un air amusé. Mémé se laisse aller à écouter son esprit et se lance sans se poser de questions. Elle est aujourd’hui extrêmement heureuse et fière de pouvoir partager ses oeuvres, ses découvertes et ses aventures artistiques auprès de sa famille, ses amis, ses voisins artistes, ses internautes et ses clients. Grâce à une vie remplie de rebondissements elle a pu développer un style d’illustration unique, où les mots prennent vie en formes, en couleurs et en finesse.

 

«Ce que je souhaite transmettre c’est la douceur, la bienveillance et quelque chose de fin, de féminin»